N_Polytope

N_Polytope à LABoral, Gijón, 2012. Photo: Thomas Spier.
N_Polytope
 / Performance/installation monumentale
 / 2012

N_Polytope: Behaviors in Light and Sound After Iannis Xenakis est une performance-installation sonore et lumineuse spectaculaire combinant éclairage de pointe, lasers, son, capteurs sensoriels et logiciels d'apprentissage-machine. Elle s'inspire des œuvres radicales du compositeur Iannis Xenakis dans les années 1960 et 1970 : les Polytopes, du grec « poly », nombreux et « topos », espaces. Environnement immersifs architecturaux à grand déploiement mettant en scène des formes et des comportements chaotiques et indéterminés, transportant dans le champ expérientiel des phénomènes naturels par la dynamique temporelle de la lumière et la dynamique spatiale du son, les Polytopes étaient très en avance sur leur temps et sont encore à ce jour relativement méconnus. N_Polytope cherche à la fois à ré-imaginer le travail de Xenakis à l'aide de nouvelles techniques stochastiques et probabilistes ainsi qu'à explorer comment ces techniques peuvent témoigner de notre propre moment historique d'extrême instabilité.

Description

Cent cinquante diodes électroluminescentes et cinquante petits haut-parleurs sont suspendus le long de vingt-quatre câbles aéronautiques de 20 mètre de longueur qui forment une surface précise. Alors que le comportement des diodes crée un espace changeant d'étincellements lumineux, les lasers de couleur qui rebondissent sur la surface des miroirs fixes et changeants génèrent des architectures éphémères de lignes et de formes qui clignotent et disparaissent sous les yeux des visiteurs. En contrepoint à cette scénographie visuelle, un environnement audio multi-canaux oscille entre des textures naturelles clairsemées et des textures électroniques densifiées. À travers la structure de câbles, le réseau de minuscules haut-parleurs produit un comportement de masse composé de nombreux petits éléments (grains sonores), créant des essaims de petits sons qui évoquent le champ des cigales ou autres masses d'insectes. Ils s'apparentent à l'intérêt de Xenakis pour le mouvement stochastique des structures de masse.

Cette ré-imagination de l'œuvre de Xenakis fonctionne telle une installation en évolution constante et/ou comme une performance de 15 minutes. Le système est piloté par un réseau de capteurs sans fil développé sur mesure et utilise des techniques d'apprentissage machine, en particulier issues du domaine de l'apprentissage par renforcement, dans lequel des agents artificiels interagissent avec leur environnement afin d'atteindre un but. Les agents cherchent à atteindre leurs objectifs en dépit du fait qu'il existe un degré élevé d'incertitude quant à l'environnement. En d'autres termes, ils ne savent rien de leur environnement jusqu'à ce qu'ils effectuent une action et soient "récompensés" soit de manière positive ou négative. Dans N_Polytope, les agents reçoivent des informations à partir des capteurs et actuateurs de l'environnement, tels la luminosité d'une diode ou la fréquence et l'amplitude d'un son. En réponse à ces captations, ils peuvent activer une diode ou déclencher un événement sonore. En rétroaction, ils reçoivent une récompense ou une punition. Toutefois, l'environnement autour de l'agent (et ses capteurs) est en constante évolution, ce qui rend difficile poru l'agent de déterminer quelle séquence d'actions est la meilleure. Les actions de l'agent n'influencent donc pas seulement l'état de l'environnement dans le présent mais également dans le futur.

Globalement, il s'agit donc d'un événement partiellement scripté et partiellement indéterminé, permettant ainsi à la performance de se déplacer continuellement entre ordre et désordre, entre tranquillité et chaos. Le public ressent les algorithmes mis en scène comme deux formes de «vie»: les comportements lumineux et sonores et l'expérience vivante d'un système qui évolue dans le présent.

Distinctions

Mention d'honneur, Prix Ars Electronica 2013 (catégorie Hybrid Art).

Mention spéciale, 14th VIDA Art and Artificial Life Award, Fundacion Telefonica.

Crédits

Concept et direction artistique: Chris Salter
Composition: Chris Salter et Adam Basanta
Design architectural: Thomas Spier
Conception de l'éclairage et des lasers: Elio Bidinost
Systèmes embarqués, conception sonore et lumineuse des modules, programmation de la composition médiatique: Marije Baalman
Modélisation et programmation des comportements: Sofian Audry
Consultant structurel: Schlaich Bergermann and partner / David Sommer
Assemblage électronique: Rene Wassenburg (Schrikdraad Ontwerp) and Stan Verberkt
Logiciel de contrôle des miroirs (Openframeworks): Samuel Tissot-Jobin

Vidéos