of the soone

of the soone
of the soone
 / œuvre sonore à apprentissage profond
 / 2017

of the soone réincarne les processus cognitifs et le voix de trois agents (une auteure défunte, un réseau neuronal à apprentissage profond et une artiste ASMR) dans un dispositif tangible. L'appareil transmet les tendres vocalisations d'un texte généré par ordinateur, tentant de susciter des sensations physiologiques autonomes qui révèlent l'auditeur comme partie intégrante de l'assemblage. Ces agentivités humaines et non-humaines son matérialisées dans l'objet à travers des mots gravés sur sa surface ainsi que dans la mémoire numérique de l'appareil, brouillant ainsi les frontières entre temps, cognition, langage et technologies.

Description

Une voix désincarnée invite l’auditeur à prendre part à un traitement audio spéculatif qui offre d’éveiller des voix neurales sous-développées à travers l’exposition aux processus non-humains de l’aquisition du langage d’un réseau de neurones artificiel.

of the soone est la première œuvre d’une série issue d'une collaboration entre Sofian Audry et Erin Gee, qui explore les agentivités d'une auteure décédée, d’un réseau de neurones artificiel et d’une interprète ASMR.

Les oeuvres de cette série véhiculent l’esthétisme d’une "voix I.A." qui parle à travers de textes transmis par le son de la voix de Gee, utilisant ainsi un corps humain comme filtre rudimentaire de processus d’automatisation.

Dans of the soone, Gee accueille l’auditeur à un traitement neural spéculatif appelé "traitement et dé-traitement du langage", préparant l’auditeur en tant que sujet en le vêtissant d’un peignoir molletonné et d’un casque EEG pour surveiller les ondes cérébrales. Elle introduit l’auditeur aux nombreux bénéfices de cette "cure" de traitement et dé-traitement du langage, alors que l’exposition sonore aux processus d’apprentissage automatique permet au sujet de revigorer subliminalement des voies neuro-linguistiques sous-développées dans son propre esprit.

Pendant ce traitement aural, le sujet écoute la voix de Gee qui lit les résultats d’un processus adopté par un réseau de neurones récurrents appelé "long short term memory" (LSTM). Le processus algorithmique "lit" le roman Wuthering Heights de l’écrivaine Emily Brontë caractère par caractère, se familiarisant avec l’univers syntaxique du livre. En lisant et relisant le roman, cet algorithme tente d’imiter le style de Brontë dans les limites de son propre "corps" artificiel, trouvant ainsi sa propre voix étrange.

La lecture de ce texte génératif par une interprète humaine permet à l’auditeur d’assister au voyage linguistique de l’agent artificiel et d’expérimenter la croissance de ce discours-machine à travers des techniques de vocalisation adaptées de l’Autonomous Sensory Meridian Response (ASMR). L'ASMR implique l'utilisation de déclencheurs acoustiques ("triggers") tels que des chuchotements, le grattage des doigts ou des tapotements, visant à induire chez l'auditeur des sensations de picotement ("tingles") et une synesthésie auditive-tactile. À travers ces expériences physiologiques autonomes, l'œuvre vise à révéler les qualités cyborgiennes de l'auditeur dans le cadre du système hybride en place.

Le processus algorithmique présenté dans ce travail est un réseau de neurones artificiel récurrent connu sous le nom de "long short-term memory" (LSTM) alors qu'il traite ou "lit" le roman Wuthering Heights de l'écrivaine britannique Emily Brontë. Le réseau rencontre le texte caractère par caractère, se familiarisant avec l'univers syntaxique du livre. En lisant et en relisant le roman, cette intelligence artificielle tente lentement et avec hésitation d'imiter le style de Brontë dans les limites de son propre "corps" artificiel, trouvant ainsi sa propre voix étrange.

La reprise de ce discours par une interprète humaine permet à l'auditeur d'assister au voyage de l'agent artificiel à partir d'espaces syntaxiques, de voyelles et de syllabes, créant éventuellement des chaînes de texte intelligibles et des phrases insolites. La lecture via l'utilisation de l'Autonomous Sensory Meridian Response (ASMR) ramène le texte génératif à une échelle humaine intimiste et sensorielle. L'ASMR implique l'utilisation de déclencheurs acoustiques ("triggers") tels que des chuchotements, le grattage des doigts ou des tapotements, visant à induire chez l'auditeur des sensations de picotement ("tingles") et une synesthésie auditive-tactile. A travers ces expériences physiologiques autonomes, l'œuvre vise à révéler les qualités cyborgiennes de l'auditeur dans le cadre du système hybride en place.

Crédits

Programmation du réseau neuronal: Sofian Audry
Performance vocale, enregistrement et mixage audio, électronique: Erin Gee